June 22, 2021

Les jeunes paient cher la réforme du calcul de l’allocation logement

La réforme du calcul de l’allocation personnalisée de logement (APL), versée à 6 millions de ménages, est enfin entrée en vigueur le 1est janvier, après de nombreux reports depuis son inscription, sans étude d’impact préalable, dans la loi de finances 2019. Le nouveau calcul est effectué sur la base des revenus des douze mois précédents, et non plus de ceux des deux années précédentes, et est actualisé chaque trimestre.

Après quelques mois d’application, les associations qui gèrent les résidences sociales dressent un bilan très négatif d’une réforme qui, selon elles, pénalise surtout les jeunes en voie d’insertion professionnelle.

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Selon une enquête de l’Union professionnelle du logement aidé (Unafo) – qui gère 140.000 logements en résidences, foyers et pensions – auprès de 13.000 habitants, publiée ce lundi 7 juin, la part des bénéficiaires d’APL a augmenté, entre avril 2020 et avril. 2021, de 53 % à 48 % ; le montant moyen des aides a baissé de 7 %, passant de 265 euros à 247 euros par mois, voire 240 euros pour les jeunes.

« Je n’achète rien et j’économise sur tout »

Du 1est En janvier, Laurent (le prénom a été changé), 24 ans, cuisinier dans une résidence pour jeunes travailleurs au Mans, a vu son APL chuter brutalement de 372 euros à 179 euros, puis 173 euros : “Ça continue de baisser et pourtant mon salaire n’est pas terrible, entre 800 et 900 euros, car je ne travaille que vingt-cinq heures par semaine, témoigne-t-il. Je dois donc faire attention à toutes mes dépenses. Après avoir payé le loyer, la carte de transport et la nourriture, il ne reste plus rien pour, par exemple, un vêtement. Quant à louer un appartement en ville, c’est hors de question. “

A 21 ans, Maeva fait des petits boulots depuis un an, après avoir traversé des moments difficiles, sans emploi et sans ressources : « Avec mon copain, nous habitions à Melle [Deux-Sèvres] dans un squat et nous avons mangé avec des invendus de magasins ou des colis d’urgence d’associations. Ensuite, j’ai trouvé cette résidence Habitat Jeunes qui m’a littéralement sauvé la vie. Aujourd’hui, je gagne 1 500 euros par mois avec des missions d’intérim et j’arrive à surmonter la baisse des APL, de 288 euros à 99 euros. Mais je continue à me nourrir d’invendus, je n’achète rien et je garde tout, car j’ai peur de perdre mon travail », confie-t-elle.

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