June 24, 2021

à l’Assemblée nationale, les champions de l’obstruction

Ils sont à peine dix. Parfois plus, parfois moins, tout dépend de la loi. Prêts à en découdre à l’Assemblée nationale, en commission ou à la Chambre, à 9 heures ou minuit sur des sujets de société, comme l’avortement, la fin de vie, la procréation assistée… Ces députés toujours prêts à faire dérailler le débat parlementaire se nomment Patrick Hetzel, Julien Ravier, Anne-Laure Blin ou Marc Le Fur.

« À un moment donné, je pense qu’il est important que nous fassions entendre nos voix. Nous ne sommes pas sur un consensus et la majorité doit le comprendre. »Patrick Hetzel, député LR du Bas-Rhin

Ils sont tous républicains (LR). Leur arme principale ? Le droit d’amendement. Ou la possibilité pour un parlementaire de proposer des modifications à tout texte juridique. Des modifications qui peuvent aller de la modification d’un mot à la suppression d’un article entier. Et multipliez autant de fois que l’élu le juge nécessaire.

Patrick Hetzel, député LR du Bas-Rhin, s’en amuserait presque. Il a déjà déposé une centaine d’amendements pour l’examen en commission du projet de loi de bioéthique et en prévoit tout autant pour l’examen en séance publique à partir du 7 juin. Après deux lectures du texte et plusieurs dizaines d’heures de débat en trois ans, l’autorisation de procréation médicalement assistée, il n’en veut toujours pas.

« À un moment donné, je pense qu’il est important qu’on se fasse entendre. Nous ne sommes pas sur un consensus et la majorité doit le comprendre », il justifie. En tant que leader LR sur cette nouvelle lecture du projet de loi sur la bioéthique, il entend ne rien lâcher. “J’ai bloqué les deux semaines dans mon agenda”, prévient-il.

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« C’est un problème anthropologique majeur ! “, insiste le député LR Julien Ravier. A 43 ans, la remplaçante de Valérie Boyer, désormais sénatrice des Bouches-du-Rhône depuis octobre 2020, rejette les accusations de conservatisme et s’oppose à « Une société qui décide par la science de donner naissance à des enfants sans père ». Sur sa droite, on retrouve les députés Marc Le Fur (Côte-d’Armor) ou Anne-Laure Blin (Maine-et-Loire), également très actifs.

Un droit « sacré » et « constitutionnel »

Le 16 février, le groupe socialiste a dû renoncer à examiner dans sa niche parlementaire (journée consacrée aux initiatives des groupes d’opposition) un projet de loi prévoyant l’allongement de la période d’avortement de douze à quatorze semaines. Dans la question ? Les 580 amendements, dont près de 500 des LR. « Ce genre de questions ne se règle pas en un jour », Anne-Laure Blin se justifie une nouvelle fois.

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